La mentalité sectaire du journaliste ordinaire

Image: Marilena Nardi

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L’opération psychologique inouïe nommée COVID-19 aurait été impensable sans la participation active des grands médias pour discréditer et censurer une foule d’experts et de lanceurs d’alertes, ainsi que l’extraordinaire mouvement populaire de contestation, présenté systématiquement comme un regroupement de dangereux extrémistes de droite, violents, incultes, complotistes, antiscience, etc., à la fois victime et propagateur de désinformation, un portrait imaginaire de « gros méchants », digne d’un mauvais film hollywoodien.

Maintenant, « participation active des grands médias » ne signifie aucunement que « tous les journalistes participent consciemment à un vaste complot ».

Afin de contrer ce genre de raccourci intellectuel fréquent chez ces acteurs médiatiques, voici une réflexion de l’auteure sur la mentalité typique du journaliste ordinaire, telle que constatée au cours de quatre années de discussions stériles avec eux.

Précisons avant tout que les journalistes aiment nous faire la leçon sur la différence entre journalistes et chroniqueurs, en prétextant que seuls ces derniers émettent des opinions et qu’il ne faut pas les confondre avec les journalistes, qui, eux, sont toujours factuels.

Or l’opinion est partout, et son camouflage n’est pas un art que maîtrise le journaliste moyen, car celui-ci prend trop souvent ses opinions pour des faits.

Le terme « journaliste » sera donc employé pour désigner ceux qui travaillent dans le milieu de l’information.

Constat de la mentalité des journalistes après 4 ans de désinformation, de lynchage et de censure

La très grande majorité des journalistes avec qui j’ai discuté de la crise covidienne depuis 2020 sont endoctrinés et croient en la bonne foi des autorités nationales et internationales en tous genres, malgré les preuves du contraire, comme l’ont démontré :

    Capture d’écran d’un article de la série « Lockdown Files » du Telegraph.

Et ce ne sont là que quelques exemples de mensonges et de mauvaise foi évidente d’autorités multiples. (Si vous en voulez d’autres spécifiques au Québec, voir ma série de vidéos sur la poursuite contre le gouvernement du Québec ici ou directement sur Odysee ici.)   

Les journalistes endoctrinés se perçoivent généralement comme des acteurs compétents, neutres et bien informés, alors qu’ils sont en proie à de nombreux préjugés et qualifient souvent des faits vérifiés et vérifiables de « théories du complot », simplement parce qu’ils ignorent le sujet.

Ils confondent leur ignorance pour de la connaissance, car s’ils « savent » qu’un sujet donné est une théorie du complot et non pas un fait, c’est parce qu’ils l’ont lu dans des « sources fiables », incluant leur propre média. Cela suffit à les convaincre et à éliminer leur devoir journalistique d’aller voir l’autre point de vue avec ouverture et, surtout, sans préjugés.

Ils n’éprouvent aucune curiosité pour la moindre preuve, lorsqu’on ose avancer qu’il ne s’agit pas d’une théorie mais d’un fait. Ils « savent » que c’est une théorie du complot, donc les preuves du contraire ne peuvent pas exister.

Ce « savoir » est d’ailleurs corroboré par une foule d’articles mainstream dont le titre commence souvent par « Théorie du complot », « Faux : […] », « Fact-check/Vérification », ou simplement par « Non, […] », comme celui-ci, publié le 27 janvier 2020…

et dont on a changé le titre un an et demi plus tard, quand cette « théorie du complot » est devenue plausible, en prétextant que le titre reflétait mieux le contenu, mais en omettant d’adapter ledit contenu à la réalité :

D’abord, comment pouvait-on savoir, hors de tout doute, en janvier 2020 que la théorie du virus créé en laboratoire était fausse?

Ensuite, en mai 2021, cette théorie était la plus plausible, comme l’expliquait à l’époque Nicholas Wade, journaliste scientifique du Bulletin of the Atomic Scientists. Comment pouvait-on persister à dire qu’elle était fausse?

J’ai constaté chez de nombreux journalistes que l’idée qu’ils aient pu se tromper – et être trompés, volontairement ou non, par les leurs – et que la racaille « complotiste » ait pu avoir raison est tout simplement inimaginable et psychologiquement intenable.

Par exemple, lors du congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, auquel j’ai assisté en novembre dernier, au moins trois journalistes ont refusé de croire qu’il y a énormément de censure sur tout ce qui touche la covid.

Les exemples de censure tous azimuts sont pourtant légion :

  • les Twitter Files ont entre autres démontré que le FBI et le CDC ont demandé de censurer certains contenus;
  • l’injonction dans l’affaire Missouri v. Biden interdit au gouvernement et à ses agences de demander à des entités privées de censurer du contenu protégé par le 1er Amendement (décision complète ici);
  • le consortium Trusted News Initiative, regroupant Big Tech et les grands médias, incluant la BBC, Radio-Canada et le New York Times, dont l’objectif consiste à lutter contre la « désinformation », particulièrement sur la covid. Cette lutte comprend la censure de tout discours contraire à celui des autorités sur les plateformes des géants comme Facebook, Twitter et YouTube, sous prétexte qu’il s’agit de « désinformation », comme en font foi les règles de la communauté de YouTube :

« YouTube interdit les contenus qui présentent un risque important de préjudice majeur en diffusant de fausses informations médicales qui contredisent les recommandations des autorités sanitaires locales ou de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant certaines maladies ou substances. » (Soulignements ajoutés);

Capture d’écran des règles de la communauté YouTube.

  • les procédures judiciaires entamées par Children’s Health Defense, une des bêtes noires des grands médias, contre Trusted News Initiative pour collusion dans la censure en ligne de médias compétiteurs, ce qui va à l’encontre de la loi antitrust des États-Unis, laquelle interdit les « boycotts de groupe »;
  • la censure de nombreux experts, incluant :
    • le professeur Patrick Provost de l’Université Laval, spécialiste de l’ARNm et des nanoparticules lipidiques (deux ingrédients des injections covid), censuré par Québecor et suspendu six mois sans salaire pour avoir osé critiquer les injections covid chez les enfants;
    • le Dr René Lavigueur, médecin qui a osé critiquer la vaccination des enfants dans une lettre d’opinion publiée par La Presse, aussitôt censurée. Cette censure a d’ailleurs été applaudie par l’apôtre de l’injection expérimentale, dont les multiples infections à la covid n’ont su ébranler la foi (parodie vidéo ici), l’homme aux multiples chapeaux, l’inimitable journaliste-chroniqueur-animateur-commentateur Patrick Lagacé, pour qui le Dr Lavigueur n’est qu’un « coucou » qui a « pondu » un « ramassis de faussetés »;
    • Laurent Mucchielli et al., pour un article sur l’injection de masse, responsable d’une « mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne »;
  • la censure de journalistes, comme :
    • Francine Pelletier, victime de ce qui a toutes les apparences d’un congédiement déguisé par Le Devoir, après la parution de son texte La pandémie revue et corrigée;
  • la dénonciation du rédacteur en chef de la revue médicale de renom BMJ, selon qui « la science est supprimée [par le complexe médico-politique] dans le but de faire des gains politiques et financiers »;
  • l’existence d’un complexe industriel de censure et de désinformation, lié aux services de renseignement américains, à propos duquel a témoigné le journaliste indépendant Michael Shellenberger devant le House Select Committee on the Weaponization of the Federal Government (Comité spécial de la chambre des représentants sur la militarisation du gouvernement fédéral).
Tweet de Patrick Lagacé à propos de l’opinion du Dr René Lavigueur.

Et ce ne sont là encore que quelques exemples parmi tant d’autres.

Malgré la montagne de preuves, la réaction des journalistes au congrès lorsque j’évoquais la censure était généralement la même.

Ils niaient cette réalité en disant :

  • « non, y a pas de censure »;
  • « y a pas de censure, la censure c’est fait par l’État »;
  • « y a pas de complot »;
  • « non, franchement, j’te suis pas là ».

Ils s’éloignaient immédiatement après, mettant ainsi fin à la discussion et révélant un blocage viscéral et un refus catégorique d’entendre parler de tout ce qu’il y a de plus FACTUEL, mais qu’ils semblent incapables d’envisager tellement cette perspective grafigne jusqu’au sang leur vision du monde et, par conséquent, leur vision d’eux-mêmes et de leurs collègues.

Aucun d’entre eux ne m’a dit : Ah oui? De la censure? Comme quoi par exemple? Sur quoi tu te bases pour dire ça? As-tu des preuves de ça?

AU-CUN.

Les grands médias ne parlent pas de censure, donc il n’y a pas de censure. S’il y avait de la censure, les grands médias en parleraient et je serais au courant. Or, les seuls qui parlent de censure sont « les complotistes », donc la censure est une théorie du complot.

Voilà le raisonnement tacite auquel j’ai été confrontée, à une ou deux exceptions près.

Une telle ignorance, un tel endoctrinement chez des gens dont le travail consiste à savoir ce qui se passe dans le monde et à en informer le peuple ont de quoi terrifier.

En réalité, les médias traditionnels parlent constamment de censure. Ils l’ont simplement rebaptisée « lutte à la désinformation ».

Il est évident que les grands médias ne qualifieront pas de censure ce qu’ils considèrent comme une lutte tout à fait légitime contre la dangereuse désinformation, laquelle remet en question leurs compétences, leurs connaissances et leur impartialité.

Bref, présentée comme « la lutte à la désinformation » et au « complotisme », cette fiction enivrante qui, comme un arbre mort, cache la luxuriante forêt de la censure, s’avère nécessaire à la survie des médias traditionnels en fin de vie.

Il n’est donc pas étonnant que la plupart des journalistes adhèrent à ce récit fantastique qui leur ressemble et leur confère à la fois une fausse supériorité intellectuelle et les nobles rôles d’éducateur et de sauveur de la plèbe ignare, victime des dangereux complotistes.

La prétendue lutte à la désinformation agit sur ce mourant comme un soin palliatif, une bonne dose de morphine, qui lui procure un soulagement en le propulsant dans un monde délirant dont il est le héros.

Vous pourrez vous-même constater le tout dans un texte qui sera publié dans quelques jours, mettant en vedette le « journaliste actualités scientifiques » Jean-François Cliche, du journal Le Soleil.

À suivre…

14 commentaires sur “La mentalité sectaire du journaliste ordinaire

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    1. Avez-vous la même perception du milieu médiatique en France? On entend souvent les Français dire qu’il n’y a pas de débats dans leurs médias. Or, vu du Québec, il y a des débats dans les médias français. Ici il n’y vraiment pas débat, à part quelques très très rares exceptions. Les Raoult, Perronne, Henrion-Caude de chez nous ne passe JAMAIS dans les médias de masse.

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      1. Le problème de l’information est complexe.
        En France et depuis une bonne quinzaine d’années (avant je ne m’intéressait pas à la politique) l’information est à sens unique étant donné que les grands financiers contrôlent toute la presse écrite, radio, télé …. (Bolloré et consorts)
        Avec la macronie et surtout depuis le covid il y a une doxa officielle sur tous les sujets: covid, climat, inflation, guerre Ukraine, guerre Gaza etc.
        L’information il faut aller la chercher sur les médias internet et faire le tri.
        Médecin je suis solide sur la mascarade covid.
        Pour mon information j’ai des correspondants étrangers indispensables
        Suisse: Antipresse, Belgique: Investig’Action, Kairos,Allemagne, Suède (j’y ai de la famille) et Québec: mondialisation.ca, Tribunal de l’infaux et le Saker francophone.
        En outre j’ai des contacts avec le Québec à Sherbrooke, Laval (un ami d’enfance)
        Je crois qu »au Québec vous avez les mêmes politiques avec Trudeau mais il y a les mêmes en Belgique, Suisse, Allemagne ce qui veut dire que ce sont des marionnettes manipulées par USA, finance, Gates et consorts via l’Europe
        Pour info la présentation de Antipresse de ce matin:

        ANTIPRESSE 425 | 21.1.2024 (LECTEURS)
        Exergue
        L’éditorial en vidéo: https://youtube.com/live/iAVeZK5gexs

        Chers Lecteurs,
        La France officielle est un cirque baroque, un boudoir tapissé de glaces où un tout petit milieu de polichinelles sans connaissance ni consistance s’agite, se complimente et se contemple jusqu’à l’ivresse. Je vous emmène aujourd’hui découvrir le ministère de la Défrance, ses favoris, ses mignons, ses petits marquis… et la petite «élite» vaniteuse et surannée qui les fabrique.
        Davez-vous de quoi s’occupent vraiment les services de renseignement en Occident? Pourquoi ont-ils fait le choix de tout savoir, se demande Eric Werner? S’agit-il de lutter contre un terrorisme hypothétique, ou de contrôler leur propre population? L’équivoque grandit…
        Ariane Bilheran, elle, a sublimé ses expériences récentes pour nous offrir une synthèse essentielle sur l’opposition contrôlée ou le «syndicat jaune». Comment un pouvoir anticipe-t-il une résistance et la contrôle de l’intérieur jusqu’à la neutraliser puis la dissoudre? Un inventaire des procédés et des stratégies qui sont à l’œuvre.
        Enfin, je vous propose un portrait de Gonzalo Lira (1968–2024), ou la trajectoire exemplaire d’un lanceur d’alerte qui, en dépit de toutes ses errances, a fini martyr.
        Bonne lecture et bonne semaine!

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      2. Le problème de l’information est complexe.
        En France et depuis une bonne quinzaine d’années (avant je ne m’intéressait pas à la politique) l’information est à sens unique étant donné que les grands financiers contrôlent toute la presse écrite, radio, télé …. (Bolloré et consorts)
        Avec la macronie et surtout depuis le covid il y a une doxa officielle sur tous les sujets: covid, climat, inflation, guerre Ukraine, guerre Gaza etc.
        L’information il faut aller la chercher sur les médias internet et faire le tri.
        Médecin je suis solide sur la mascarade covid.
        Pour mon information j’ai des correspondants étrangers indispensables
        Suisse: Antipresse, Belgique: Investig’Action, Kairos,Allemagne, Suède (j’y ai de la famille) et Québec: mondialisation.ca, Tribunal de l’infaux et le Saker francophone.
        En outre j’ai des contacts avec le Québec à Sherbrooke, Laval (un ami d’enfance)
        Je crois qu »au Québec vous avez les mêmes politiques avec Trudeau mais il y a les mêmes en Belgique, Suisse, Allemagne ce qui veut dire que ce sont des marionnettes manipulées par USA, finance, Gates et consorts via l’Europe
        Pour info la présentation de Antipresse de ce matin:

        ANTIPRESSE 425 | 21.1.2024 (LECTEURS)
        Exergue
        L’éditorial en vidéo: https://youtube.com/live/iAVeZK5gexs

        Chers Lecteurs,
        La France officielle est un cirque baroque, un boudoir tapissé de glaces où un tout petit milieu de polichinelles sans connaissance ni consistance s’agite, se complimente et se contemple jusqu’à l’ivresse. Je vous emmène aujourd’hui découvrir le ministère de la Défrance, ses favoris, ses mignons, ses petits marquis… et la petite «élite» vaniteuse et surannée qui les fabrique.
        Davez-vous de quoi s’occupent vraiment les services de renseignement en Occident? Pourquoi ont-ils fait le choix de tout savoir, se demande Eric Werner? S’agit-il de lutter contre un terrorisme hypothétique, ou de contrôler leur propre population? L’équivoque grandit…
        Ariane Bilheran, elle, a sublimé ses expériences récentes pour nous offrir une synthèse essentielle sur l’opposition contrôlée ou le «syndicat jaune». Comment un pouvoir anticipe-t-il une résistance et la contrôle de l’intérieur jusqu’à la neutraliser puis la dissoudre? Un inventaire des procédés et des stratégies qui sont à l’œuvre.
        Enfin, je vous propose un portrait de Gonzalo Lira (1968–2024), ou la trajectoire exemplaire d’un lanceur d’alerte qui, en dépit de toutes ses errances, a fini martyr.
        Bonne lecture et bonne semaine!

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  1. Vraiment une belle déconstruction de la tournure d’esprit et du modus operandi de la petite caste, celle qui nous castre jusqu’à ce qu’elle-même casque solide pour les fautes commises à l’encontre de l’éthique journalistique, du ‘dire vrai’, de l’honnêteté intellectuelle.

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  2. Bonjour Julie,

    Je comprends que tu puisses avoir vomis après le congrès journalistique. Allons-nous nous en sortir? Là ma question à tous les jours. J’ai de l’espoir, on m’enlève mon espoir etc..

    Merci pour le bon travail que tu fait. Grâce à toi et à tous les bons influenceurs, nous pouvons encore nous tenir debout par la foi et l’espoir. Pour ma part, c’est ce qui me tient debout s’en plier l’échine.🙏🏻❤️

    Nicole

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  3. Cette mentalité sectaire rejoint aussi la mentalité de Commissaire Politique.
    Autrement dit, un point commun caractérise ces personnes : elles ont eu leur esprit critique détruite et veulent plier les gens à ce qu’ils croient…
    A ces personnes qui ont perdu leur intelligence critique, en pratique, il n’y a plus rien à faire, sinon les empêcher de nuire. Cela implique souvent un changement de régime puisque ces personnes sont protégés (bien qu’ils soient aussi des mouchoirs jetables pour ce même régime).

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  4. Ce déni de réalité me fascine depuis des années et je tente par tous les moyens de me l’expliquer. Eh bien ! Je crois être sur une bonne piste. Je vais tenter d’expliquer sans être trop longue.

    Récemment, je me trouvais dans un magasin, recherchant des chaussettes pour mon grand gars. Je trouve ce qu’il me faut et en prend plusieurs paires. Or, l’une d’elles paraît plus petite alors qu’elle porte la même étiquette indiquant la même grandeur. La différence est de plusieurs centimètres. Je montre à une vendeuse. Elle répond « Non, non, madame », montrant ce qui est écrit sur l’étiquette. Je lui réponds « Mais non, regardez comment celle-ci est plus petite » en superposant les deux paires. Et je m’efforce ainsi de lui montrer ce simple fait. Cette dame a toutes les peines du monde à valider la réalité évidente pour les sens : ces deux paires de chaussettes sont de grandeur différente même si l’étiquette lui dit que c’est la même chose. Je ressors du magasin complètement abasourdie par cette expérience.

    Qu’est-ce à dire ? Je réfléchis. Je suis enseignante au primaire et j’ai suivi toutes sortes de cours sur le développement humain. Dans mon parcours, je me suis intéressée aux bienfaits de l’expérience artistique en tant que source importante de ce développement. J’ai opté pour une école de pensée très peu connue qui considère qu’un développement harmonieux de l’enfant préconise l’expérience artistique d’abord et de n’introduire les connaissances purement rationnelles que très progressivement, selon des stades précis. Par exemple, lire une carte géographique ne sera enseigné que vers l’âge de 9 ans car, avant cela, l’enfant est incapable de projeter sa conscience dans celle qu’aurait un oiseau qui volerait au-dessus du sol. Piaget a reconnu ces différents stades.

    Quel est donc l’effet d’un développement rationnel prématuré ? Il irait à l’encontre du développement du « sentiment » artistique. L’enfant, lors de son parcours à l’école primaire serait naturellement un artiste avant d’être un scientifique. Le sentiment artistique est ce qui relie la perception sensorielle à la vie intérieure de sympathie et d’antipathie. Si cette faculté est négligée, le développement cognitif sera atrophié. Pour simplifier avec des notions que les gens connaissent, on pourrait dire que les deux hémisphères du cerveau ne seront pas développés équitablement. La rationalité (cerveau gauche) sera privilégiée à l’encontre de la perception créative du monde (cerveau droit).

    Selon cette analyse, je conclurais ainsi la problématique de ma vendeuse et j’en ai fait le transfert pour m’expliquer les tares de nos journaleux conventionnels : ces gens souffrent d’un blocage d’une partie de leur capacité de perception due à un développement unilatéral prématuré des facultés « rationnelles-conventionnelles ». Pour le dire avec des mots plus vivants, ils sont sortis trop vite de l’enfance. Ils souffrent de n’avoir pas exercé leur petit cœur d’enfant à bouger dans leur poitrine à travers la sympathie et l’antipathie. Ils n’ont pas eu assez de contes de fées, ni vu assez d’images colorées et vibrantes, ils ont trop peu chanté, trop peu dessiné, ont trop peu joué dehors à pétrir la bouette et ressentir les creux et les bosses formés par leurs petites mains. Ils ont été initiés prématurément au monde froid des concepts définitifs (le soleil est une boule de feu et non l’œil d’un géant) et la bonne fée et la méchante sorcière ont été reléguées trop tôt dans le placard des souvenirs. Le plaisir de jouer avec un ballon a été trop vite orienté vers un but spécifique encadré par des règles strictes, au détriment du plaisir naïf et changeant du jeu libre.

    « Joie de jouer » disait Saint-Denys-Garneau. On ne saurait mieux résumer un secret pédagogique essentiel qui explique la cloison opaque qui sépare aujourd’hui notre société en deux manières d' »être au monde ». C’est en tout cas mon interprétation de cette situation qui devient aujourd’hui presque tragique. Ce mur, chère Julie, qui nous sépare de ces gens avec qui vous avez tenté de discuter, il est si haut, si épais, qu’il ne pourra je crois, être ébréché que par un profond changement dans nos écoles et nos approches de l’éducation. Un très long projet en vue…

    Désolée pour ce texte trop long.

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  5. L Miller, rejoint vraiment ce que je ressent apprêt trois années d’information et de désinformation.Avec mon entourage et les résistants je deviens de plus en plus comme une huitre qui se referme. Ma coquille me protège et je m’abandonne à ma tranquillité que me donne sa protection. Je t’admire encore Julie, tu est la première à m’avoir ouvert les yeux et je t’en serais toujours reconnaissant.Personnellement je leur laisse la victoire à cette élites qui veulent contrôler les moutons sans couleur et sans âmes.Surement qu’un jour ce monde retournera vraiment vers la créativité.

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